28/02/2014

Une note de l'INRAP et une vidéo sur la restauration d'un château Plantagenêt : :

Un article à lire et une vidéo à regarder pour découvrir le magnifique Château du Coudray Salbart (XIII° siècle) situé à quelques kilomètres de Niort :

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques-de-presse/p-17673-Archeologie-du-bati-au-Chateau-du-Coudray-Salbart-en-Poitou-Charente.htm

 

chateau-de-coudray-salbart-deux-sevres.jpgCe château est flanqué de six tours, dont deux en amande, reliées par des courtines ménagées dans l'épaisseur  des remparts, ce qui n'est pas courant.

L'épaisseur des tours peut atteindre cinq mètres !!

Si vous en avez l'occasion il faut le visiter.

 

En attendant, regardez le reportage que nous propose l'INRAP !

 

 

 

17/02/2014

Des « bonnets rouges » à Puisserguier au XIV siècle !!

Nous voilà plongés en pleine Guerre de Cent Ans avec son cortège de massacres et de révoltes qui, ajoutés à l’épidémie de peste noire, provoquèrent entre 1328 et 1363 une diminution de près de la moitié de la population en France.

En 1356, lors de la bataille de Poitiers, Jean II le Bon eu la mauvaise idée d’être fait prisonnier par l’anglais. En 1360, son fils, le Dauphin Charles VII_R.jpgCharles, futur Charles V, est obligé de céder la moitié de son royaume et de payer une énorme rançon (Traité de Brétigny-Calais 1360). Dans la nécessité de réorganiser les défenses des villes et son armée, le voilà contraint d’augmenter les impôts : les « fouages », un impôt par feu (ou par foyer familial), sont ajoutés aux taxes indirectes existantes (1363). La base d’imposition utilisée étant celle de 1328 les paysans, bourgeois et nobles décimés, ne peuvent payer,  se révoltent et prennent le maquis. C’est la révolte des « tuchins », du bas latin tucha, bois, taillis, et, par extension, « brigands habitant les bois ». En 1375, Charles V, pour ramener la paix dans son royaume, accorde un allègement d’impôts. Mais, le Languedoc est alors sous le contrôle de Louis, Duc d’Anjou, frère de Charles V. Ce lieutenant du Roi « se montre particulièrement rapace et n’applique pas les exonérations décidées » (1) ce qui provoque chez nous « une formidable insurrection fiscale » (1) avec massacre de plusieurs dizaines de gens de la maison du Duc. Avec l’aide du Pape Clément V, le Roi, mourant, ramène le calme en supprimant les fouages (1380) et en rappelant le Duc d’Anjou à Paris.

Et Puisserguier me direz-vous ? J’y viens.

Charles V mort, Charles VI devient Roi mais à peine âgé de douze ans,Charles VI_R.jpg ce sont ses oncles, Ducs d’Anjou, de Bourbon et de Berry qui assurent la régence. Ce dernier devient Lieutenant du Roi en Languedoc en remplacement de son frère. En 1382 les impôts indirects sont rétablis ce qui provoque des mouvements de révolte dans toute la France. Béziers s’étant soulevée, le Duc de Berry  « soumit la ville à son  autorité » (2) et dans la foulée rétablit les fouages (« un franc et demi par feu » (2), un franc pour une livre tournois). Il n’en fallait pas plus pour rallumer l’incendie, des troubles éclatent à nouveau et là je laisse la parole à MM BELLET et ESCURET :

« La révolte la plus violente fut celle du sud de la sénéchaussée de Beaucaire, mais il y eut aussi des troubles sanglants dans le Toulousain, dans le Rouergue,  à Carcassonne, à Cessenon et à Puisserguier.

Les révoltés de Cessenon et de Puisserguier, soutenus par certains habitants du pays, avaient comme chef le seigneur Raymond de Corneihan, Chevalier du Château de Puisserguier. Ce dernier fit assassiner quatre varlets (nom que l’on donnait aux pages au Moyen-Age) nommés : Seymonet de Reclamés, Ardenet, Hugo et Jennequin.

Tout laisse supposer que le massacre se produisit pendant que les quatre cavaliers commençaient à gravir le chemin accidenté dominant le ruisseau de Fichoux et allant vers StChinian. L’endroit, qui garde encore une sorte d’isolement sauvage, était en cette fin du XIV° siècle,  un véritable lieu de guet-apens : les rochers gris ou rouges encaissant profondément le ruisseau recouvert en partie par d’épaisses broussailles contribuaient en effet à en faire un de ces passages dangereux que le voyageur craint de franchir. … »

Trois des hommes du Duc furent tués et leurs cadavres jetés dans le ravin. Le quatrième pu s’échapper mais tentant de rejoindre Creissan pour y trouver refuge, il fut repris et  assassiné.

« La répression dut être terrible car les gens du Roi commirent autant d’excès qu’en avaient commis les tuchins les plus sanguinaires. Les documents faisant défaut, nous ignorons si Raymond de Corneilhan et ses complices furent pendus ou s’ils moururent en prison. Ce qui est certain c’est la confiscation de leurs biens …….. »

Est-ce de cette époque que datent certaines dégradations encore visibles du château de Puisserguier ? 

Tiburge de Son et  Aymeri VI, Vicomte de Narbonne, son fils, en sont les seigneurs à ce moment là. Bien en Cour, ils ont peut-être évité qu’un plus grand malheur ne s’abatte sur le village.

 

Bibliographie :

(1Chronologie commentée du Moyen Age Français, Laurent  Theis, Collection Tempus (pp 361-392).

(2  Creissan Village en languedoc, J Bellet et Louis-H Escuret, 1953, (pp 46 -49))

E  Encyclopédia Universalis,  Thésaurus, Vol 19, rubriques Charles V et Charles VI. 1980

Généalogie des Rois de France et Epouses Royales, Claude Wenzler, Ed Ouest-France

 

 

09:51 Publié dans Histoire, Patrimoine | Commentaires (0)

16/02/2014

Une visite et une conférence à ne pas manquer (samedi 22 février 2014)

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